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Déposer un Brevet

Protection d'un Brevet : Droits, Durée et Actions !

Protégez efficacement votre brevet en France : durée de validité de 20 ans, actions en contrefaçon et licences d'exploitation. Stratégies juridiques PI.

6 min read

Protection et exploitation du brevet

La protection brevet invention confère un monopole d'exploitation de 20 ans, mais cette protection n'est effective que si elle est activement maintenue et défendue. Le maintien en vigueur exige le paiement régulier des annuités auprès de l'INPI. La défense contre les contrefacteurs nécessite une surveillance du marché et, le cas échéant, des actions judiciaires pouvant aboutir à des dommages-intérêts substantiels et à l'interdiction de poursuivre l'activité contrefaisante. L'exploitation commerciale du brevet peut prendre plusieurs formes : exploitation directe par le titulaire, concession de licences à des tiers moyennant redevances, ou cession définitive du titre.

Ce guide détaille les aspects pratiques de la protection et de la valorisation d'un brevet français : la durée de protection et les conditions de maintien en vigueur, les actions contre la contrefaçon et les sanctions applicables, les mécanismes de valorisation par licence ou cession. La protection par brevet repose sur un équilibre : le titulaire obtient un monopole temporaire en échange de la divulgation complète de son invention, qui enrichit l'état de la technique mondial.

À l'expiration du brevet (après 20 ans) ou en cas de déchéance pour non-paiement des annuités, l'invention tombe dans le domaine public et devient librement exploitable par tous. Cette perspective temporelle doit guider la stratégie de valorisation : maximiser les revenus pendant la période de protection exclusive.

Durée et validité

Un brevet français protège l'invention pendant 20 ans maximum à compter de la date de dépôt de la demande.

Jalons clés de la vie d'un brevet :

Chronologie complète d'un brevet français
ÉtapeDélai depuis le dépôtEffet juridique
Dépôt de la demandeJour 0Date de priorité établie, protection provisoire possible
Publication de la demande18 moisInvention rendue publique, droit à indemnisation provisoire
Délivrance du brevet24-30 moisDroits exclusifs définitifs, opposabilité aux tiers
Début des annuités2e annéeObligation de paiement pour maintien en vigueur
Expiration normale20 ansInvention tombe dans le domaine public

Le maintien en vigueur du brevet dépend impérativement du paiement des annuités progressives :

  • Échéance : dernier jour du mois anniversaire du dépôt
  • Période de grâce : 6 mois supplémentaires avec surtaxe de 50%
  • Défaut de paiement au-delà : déchéance irréversible du brevet
  • Montant progressif : de 38 € la 2e année à 790 € la 20e année (tarif normal)

Causes de perte anticipée du brevet avant les 20 ans :

  1. Non-paiement d'annuité : déchéance automatique après expiration de la période de grâce, sans possibilité de restauration
  2. Renonciation volontaire : abandon des droits par le titulaire (exemple : brevet devenu sans intérêt commercial)
  3. Nullité judiciaire : annulation rétroactive par le tribunal pour défaut de brevetabilité (nouveauté, activité inventive)
  4. Déchéance pour défaut d'exploitation : procédure rare, requiert une action de tiers et le constat d'absence d'exploitation après 3 ans

Cas particulier des certificats complémentaires de protection (CCP) pour les médicaments et produits phytopharmaceutiques :

  • Prolonge la protection jusqu'à 5 ans après l'expiration du brevet de base
  • Compense le délai entre le dépôt du brevet et l'obtention de l'autorisation de mise sur le marché (AMM)
  • Durée du CCP = date de l'AMM - date de dépôt du brevet - 5 ans (maximum 5 ans)
  • Extension pédiatrique possible : 6 mois supplémentaires pour études pédiatriques
  • Durée maximale totale : brevet (20 ans) + CCP (5 ans) + extension pédiatrique (6 mois) = 25 ans et 6 mois

Détail complet de la durée et des conditions de validité

Contrefaçon

La contrefaçon de brevet consiste à exploiter une invention brevetée sans l'autorisation du titulaire.

Actes constitutifs de contrefaçon selon l'article L615-1 du Code de la propriété intellectuelle :

  • Pour un brevet de produit : fabrication, offre, mise sur le marché, utilisation, importation, exportation, transbordement, détention à des fins commerciales du produit breveté
  • Pour un brevet de procédé : utilisation du procédé, offre du procédé à un tiers non autorisé, offre ou mise sur le marché du produit directement obtenu par le procédé
  • Contrefaçon indirecte : fourniture de moyens essentiels à la mise en œuvre de l'invention (article L613-4 CPI)

La saisie-contrefaçon est une mesure probatoire puissante permettant de constituer des preuves avant toute action judiciaire :

Procédure de saisie-contrefaçon
ÉtapeDescriptionDélai / Coût indicatif
RequêteDemande au président du tribunal judiciaireQuelques jours, 500-1 000 € (avocat)
OrdonnanceAutorisation de la saisie (ex parte)24-48h
ExécutionHuissier + expert technique éventuel1 000-3 000 € (huissier + expert)
AssignationSaisine du tribunal au fond20 jours ouvrables maximum

Mesures pouvant être ordonnées lors de la saisie :

  • Description détaillée des produits ou procédés contrefaisants
  • Prélèvement d'échantillons pour analyse technique
  • Saisie de documents comptables et commerciaux (factures, bons de commande)
  • Photographie des installations de fabrication
  • Saisie réelle des produits (mesure conservatoire, plus rare)

Sanctions civiles pouvant être prononcées par le tribunal :

  • Dommages-intérêts : réparation du préjudice subi (perte de marge, atteinte à l'image, préjudice moral)
  • Interdiction de poursuivre : cessation de la fabrication et de la commercialisation
  • Destruction des produits : élimination des stocks contrefaisants
  • Confiscation des bénéfices : remise au titulaire des gains illicites
  • Publication du jugement : réparation du préjudice moral et effet dissuasif

Sanctions pénales (article L615-14 CPI) : jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende, peines doublées en cas de bande organisée ou de récidive.

Guide complet des actions contre la contrefaçon

Licences et cession

Le brevet est un actif immatériel valorisable par l'exploitation directe, la concession de licences ou la cession définitive.

Types de licences de brevet disponibles :

Comparaison des différents types de licences
Type de licenceDroits du licenciéDroits réservés au titulaire
Licence non exclusiveExploitation partagée avec d'autresPeut exploiter et concéder d'autres licences
Licence exclusiveSeul exploitant autorisé sur le territoireNe peut plus exploiter ni concéder dans le territoire
Licence unique (sole)Seul licencié, mais titulaire peut exploiterConserve le droit d'exploiter lui-même
Licence de droitAccessible à tout demandeurAnnuités réduites de 50%

Éléments clés à définir dans un contrat de licence :

  • Objet : brevets concernés, numéros d'enregistrement, périmètre technique
  • Territoire : zone géographique d'exploitation autorisée (France, Europe, monde)
  • Durée : période de validité de la licence (souvent alignée sur la durée du brevet)
  • Exclusivité : droits réservés ou partagés, sous-licence autorisée ou non
  • Redevances : mode de calcul (% CA, forfait, running royalties), échéances, minima garantis
  • Garanties : validité du brevet, liberté d'exploitation, non-contrefaçon de tiers
  • Résiliation : conditions de fin anticipée, sort des stocks

Taux de redevance indicatifs par secteur industriel :

Taux de royalties types selon les secteurs
Secteur d'activitéTaux moyen (% CA net)
Électronique grand public1-3%
Mécanique industrielle3-5%
Logiciels et applications5-15%
Chimie et matériaux3-7%
Biotechnologie5-15%
Pharmacie (principe actif)10-20%

La cession transfère la pleine propriété du brevet à un acquéreur moyennant un prix de vente. Différences clés avec la licence :

  • Transfert définitif de propriété (vs droit d'usage temporaire)
  • Prix unique (vs redevances périodiques)
  • Risques transférés à l'acquéreur (vs risques partagés)
  • Inscription obligatoire au Registre National des Brevets (taxe 27 €)

Méthodes d'évaluation pour cession ou licence :

  1. Méthode des coûts : capitalisation des investissements R&D ayant conduit à l'invention
  2. Méthode des revenus : actualisation des flux de trésorerie futurs générés par le brevet (DCF)
  3. Méthode des comparables : analyse des transactions similaires dans le secteur

Guide complet des licences et cessions de brevet

La protection d'un brevet ne s'arrête pas à sa délivrance. Le maintien en vigueur par le paiement rigoureux des annuités, la surveillance du marché pour détecter les contrefaçons, et la valorisation active par licences ou cession transforment l'actif intellectuel en avantage concurrentiel durable et en source de revenus. Une stratégie de protection bien financée maximise le retour sur investissement de l'innovation sur les 20 années de monopole.

FAQ

Questions fréquentes

Surveillez le marché et les dépôts de brevets concurrents. En cas d'atteinte, vous pouvez faire une saisie-contrefaçon puis engager une action en justice.
Oui, le brevet est un bien cessible. La cession doit être inscrite au Registre national des brevets pour être opposable aux tiers.

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